top of page

Quand les dirigeants s’en foutent, le peuple s’en fout, les catastrophes, elles, ne chôment pas.

Les récents événements du Cap-Haïtien mettent en lumière un triste constat : lorsque les dirigeants n’assument pas leurs responsabilités, le peuple va subir les conséquences tragiques de leur irresponsabilité. Malgré l’arrêté de mars 1947 déclarant être forêts nationales réservées les sections rurales et habitations faisant partie de la montagne appelée "Mornes du Cap", les constructions anarchiques continuent de coloniser cet espace combien stratégique pour la commune du Cap-Haïtien. Cette série d’événements du début du mois de mai est un rappel de la nécessité pour les dirigeants de placer la sécurité et le bien-être de leur population au sommet de leurs priorités, et au peuple de comprendre qu’il ne peut continuer à vivre en mode « ki mele m », car les conséquences de l’indifférence des uns et des autres seront toujours catastrophiques pour la population.

Colonisation des mornes du Cap

Dans le livre des Proverbes chapitre 29 : 18, nous lisons ce qui suit : « Lorsqu'il n'y a plus de vision d'avenir, un peuple vit dans le désordre. Heureux alors est l'homme qui obéit à la loi ». Ce péricope traduit parfaitement les différents évènements que nous connaissons en Haïti. Il n’y a pas ou plus de leaders capables de partager une vision d’avenir au peuple. Et comme conséquence, le peuple vit dans le désordre. C’est la pagaille partout et en tout. C’est le « nou tout se chèf ». Seuls ceux qui choisissent de se soumettre aux lois et principes établis, pourraient échapper aux conséquences de l’indifférence des dirigeants et des citoyens non responsables.


Les récents événements qui ont marqués la vie de la communauté capoise illustrent l'adage selon lequel "quand les dirigeants s'en foutent, le peuple s'en fout, mais les catastrophes, elles, ne chôment pas." En effet, malgré l’arrêté de mars 1947 déclarant être forêts nationales réservées les sections rurales et habitations faisant partie de la montagne appelée "Mornes du Cap", les constructions anarchiques continuent de coloniser cet espace combien stratégique pour la commune du Cap-Haïtien.


Si en 1947, les autorités ont compris la nécessité de réserver et protéger les mornes du Cap contre toute activité susceptible de porter atteinte à l’intégrité de cette zone, pendant ces dernières années, les nouvelles générations de dirigeants ont manqué de vision pour faire prendre les dispositions nécessaires à l’application de l’arrêté. Même si cette déclaration vise la protection des bassins d’alimentation des sources des mornes du Cap, son application permettrait d’atténuer la fréquence et l’intensité des inondations des zones en aval et d’éviter des pertes en vies humaines à cause des cas de glissement de terrain.


Cette incapacité des autorités locales, régionales et nationales à répondre aux différents défis auxquels font face la commune du Cap-Haïtien, croisée à l’insouciance de la population, aggrave la vulnérabilité des communautés. L’urbanisation anarchique de la commune, la construction de maisons dans les mornes et zones inondables, la mauvaise gestion des déchets, la colonisation des zones mangroves au niveau de l’embouchure de la rivière Haut du Cap réduisant ainsi la zone de réceptacle, sont autant de problèmes auxquels doivent répondre dirigeants et dirigés.


Ainsi, les récents dégâts causés par les pluies qui s’abattent sur la commune du Cap-Haïtien depuis plusieurs jours, laissant des pertes en vies humaines, des maisons inondées et des milliers de personnes sans-abris, montrent encore une fois l’incapacité des uns, la mauvaise volonté et l’indifférence des autres à pouvoir faire face à la période cyclonique qui s’approchent.    


En ce sens, les récentes catastrophes au Cap-Haïtien doivent servir de rappel pour les dirigeants de la nécessité de se soucier véritablement de la population, de proposer une vision claire pour le futur, de travailler à l’établissement d’un État de droit et de prendre des mesures préventives pour éviter de telles tragédies. Aux dirigés, il est important qu’ils comprennent que les conséquences dévastatrices de l’indifférence et de l’inaction des politiciens et dirigeants sont leur part et qu’ils doivent cesser de continuer à vivre en mode « ki mele m » quand certains de la population et les autorités refusent de respecter et de faire respecter la loi.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page