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La Journée Internationale pour la Conservation des Mangroves : un Appel à l'Action pour le Cap-Haïtien

Le 26 juillet, le monde célèbre la Journée internationale pour la conservation des écosystèmes de mangroves, un événement qui souligne l'importance cruciale de ces habitats et les menaces auxquelles ils sont confrontés. Au Cap-Haïtien, cette journée devrait revêtir d'une importance particulière en raison des graves dangers qui pèsent sur les mangroves locales, notamment à cause des déchets urbains déversés dans ces zones vitales.

Déchets déversés dans les mangroves, montrant le niveau de pollution dans l'estuaire de la rivière Haut-du-Cap, 2024

Les mangroves sont des écosystèmes côtiers uniques, constitués d'arbres et d'arbustes tolérants au sel, qui jouent un rôle crucial dans la protection des côtes contre l'érosion et les tempêtes. Elles servent également de nurseries pour de nombreuses espèces de poissons et d'autres formes de vie marine. Elles sont riches en biodiversité et contribuent à la sécurité alimentaire des communautés locales. De plus, les mangroves sont des puits de carbone efficaces, aidant à lutter contre le changement climatique par le stockage du dioxyde de carbone.


Trait d’union entre terre et mer, les mangroves forment un univers rare et fragile, un havre de vie qui doit être protégé, selon la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Audrey Azoulay. C'est pourquoi, dans ces zones humides, l'UNESCO s'engage à mettre en œuvre des solutions fondées sur la Science, en coordination avec les communautés locales. En effet, selon les chiffres fournis par cette institution du système des Nations Unies, cet écosystème devrait être l'une des priorités des Etats en matière de protection et de restauration, tant il est important et fragile.

Ecosystème de mangroves, bassin Rhodo, 2024

Ayant la capacité de séquestrer de grande quantité de carbone dans leurs sols, leurs feuilles, leurs branches et leurs racines, les écosystèmes de mangroves peuvent stocker jusqu'à 3754 tonnes de carbone par hectare, soit l'équivalent des émissions de carbone de 2650+ voitures pendant un an. Cependant, s'ils sont détruits, dégradés ou perdus, ils deviennent des sources de dioxyde de carbone pouvant atteindre jusqu'à 10% des émissions dues à la déforestation dans le monde, bien qu'ils couvrent 0,7% de la couverture terrestre.

Déversement de déchets dans les mangroves, 2024

Malheureusement, malgré son importance et sa fragilité, les mangroves sont en grave danger en Haïti, et plus particulièrement au Cap-Haïtien. Selon les relevées cartographiques, les mangroves se concentrent principalement dans la section communale de Petite-Anse et à la limite inférieure des bassins de Charrier-Vertières et surtout de Quitéo-Sainte Philomène, connue généralement sous le nom de bassin Rhodo. Les différents travaux réalisés sur ces écosystèmes montrent qu'il y a une grande partie de l'habitat urbain qui a été développé sur une ancienne zone de mangrove (photo ci-contre). Les habitants qui habitent la zone adjacente des mangroves du bassin Rhodo ont confirmé cette information.

Habitat sur ancienne zone de mangroves, CATIE, 2022

Selon les données fournies dans le document révisé du plan de cogestion des bassins versants du Cap-Haitien, réalisé par le Centre Agronomique Tropicale de la Recherche et de l'Enseignement (CATIE), le bassin Rhodo compte environ 70 hectares de forêt de mangroves qui méritent d'être protégés et restaurés. Cependant, lors d'une visite de terrain avec le Club des Jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices pour l'Environnement (CJAE), le constat était alarmant: les habitants repoussent continuellement les mangroves en achetant et en y déversant les déchets solides de la ville, comme en témoigne l'un des principaux responsables de la zone.

Visite dans les mangroves du bassin Rhodo, 2024

Cette pratique qui ont des effets dévastateurs sur ces écosystèmes étouffent les racines des mangroves, perturbent la croissance des plantes et polluent les habitats aquatiques environnants. Cette pollution compromet non seulement la santé des mangroves, mais aussi celle des populations locales qui en dépendent pour la pêche et d'autres moyens de subsistance.

Préparation de terrain avec des déchets pour la construction d'habitats

La Journée internationale pour la conservation des écosystèmes de mangroves, adoptée par l'UNESCO en 2015 et célébrée chaque année le 26 juillet, nous rappelle l'urgence de protéger ces habitats précieux. Au Cap-Haïtien, il est crucial que les autorités locales, les organisations environnementales et la communauté se mobilisent pour mettre en place des systèmes de gestion des déchets plus efficaces et sensibiliser la population à l'importance de préserver les mangroves.


Alors que le monde célèbre la Journée internationale pour la conservation des écosystèmes de mangroves, les principales parties prenantes du Cap-Haïtien doivent saisir cette occasion pour repenser et intensifier leurs efforts de protection et de restauration des mangroves. Il est essentiel de reconnaître que la santé des mangroves est intimement liée à la santé de nos communautés et à la durabilité de notre environnement. En agissant maintenant, nous pouvons préserver ces écosystèmes uniques pour les générations futures et assurer un avenir plus sûr et plus prospère pour la communauté.

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